REPRODUIRE LA TRANSMISSION NATURELLE DU VIRUS DE LA MALADIE DE MAREK À L’AIDE D’UN SYSTÈME INNOVANT DE PEAU 3D
Établissement Université de Tours
École doctorale Santé, Sciences Biologiques et Chimie du Vivant – SSBCV
Spécialité Biologie
Domaine Scientifique Biologie, médecine et santé
Unité de recherche ISP – Infectiologie et Santé publique
Encadrement de la thèse Caroline DENESVRE
Financement du 01-10-2026 au 30-09-2029 origine Université de Tours (Ministère) Employeur Université de Tours
Début de la thèse le 1er octobre 2026
Date limite de candidature (à 23h59) 21 avril 2026
Mots clés: Virus de la maladie de Marek, organoïde de peau 3D, hôte naturel, environnement, transmission virale, macrophage
Description de la problématique de recherche
Le virus de la maladie de Marek (MDV) est un herpesvirus infectant la poule à l’origine de lymphomes T mortels. Le MDV entre chez les poules par voie respiratoire via des poussières contaminées en infectant les cellules phagocytaires et les lymphocytes. En quelques jours, le MDV atteint l’épithélium des follicules des plumes formé de kératinocytes, où il se réplique. Le MDV est excrété à partir de ce tissu, associés aux débris de la gaine de la plume, sous une forme inhabituellement résistante dans l’environnement pour un herpesvirus. Ce projet de thèse vise à modéliser in vitro les étapes d’entrée et de sortie du MDV à l’aide de systèmes cellulaires dans une perspective 3R.
La 1ère partie de la thèse aura pour objectif de générer du matériel infecté dans un modèle 3D de peau de poule et d’étudier son infectiosité après administration à des poussins par voie aérienne en comparaison avec des poussières d’élevage. La 2e partie du projet visera à étudier l’infection de macrophages de poule in vitro par ces 2 mêmes matériaux infectés et les mécanismes d’entrée.
Virologie.
Les élevages de poules sont régulièrement confrontés à l’émergence, la réémergence et la persistance d’agents pathogènes. Parmi les agents infectieux d’importance figurent le virus de la maladie de Marek (MDV). Cet herpesvirus présente une diffusion et une persistance environnementales inhabituelles, liées en particulier à l’excrétion par les plumes de volailles infectées. Le virus est retrouvé associé aux poussières d’élevage, à partir desquelles il se transmet par voie aérienne. Initialement, le virus infecte des cellules immunitaires de l’appareil respiratoire. Des vaccins protègent de la maladie de Marek, en particulier la tumorigenèse, mais ne protègent ni de l’infection, ni de l’excrétion virale. Notre laboratoire a pour objectif de mieux comprendre les mécanismes de transmission virale et de persistance du MDV dans l’environnement. La finalité à terme sera d’améliorer les vaccins actuels et de mieux contrôler la présence des pathogènes dans l’environnement.
Thématique / Domaine / Contexte
Etudier l’infectiosité in vivo et in vitro de matériel viral produit dans un modèle d’équivalent de peau de poule. Comparaison avec des poussières d’élevage, le matériel naturel à l’origine de la transmission horizontale du virus de la maladie de Marek entre animaux.
Développer des modèles cellulaires pour reproduire et étudier la transmission virale naturelle in vitro.
Ce projet de thèse est lié à deux hypothèses : (i) le virus MDV est excrété dans un matériel inerte produit par l’épithélium de la peau, les cornéocytes, lui conférant une résistance physique atypique à la dégradation dans l’environnement ; (ii) le virus MDV initie l’infection des cellules immunitaires de son hôte naturel, la poule, par celle de cellules phagocytaires de l’appareil respiratoire, qui phagocytent les poussières infectées, contenant les débris de plumes.
Le doctorant aura pour projet de tester ces deux hypothèses. Il s’agira de comparer l’infectiosité de poussières d’élevage contaminées par voie naturelle avec celle des cornéocytes produits in vitro dans un modèle d’équivalent de peau de poule, récemment publié par notre équipe (Souci et al., 2025). L’infectiosité de ces matériaux sera d’abord étudiée in vivo chez la poule par inoculation par voie aérienne selon un protocole déjà publié (Baaten et al. 2006), les poussières d’élevage servant de contrôle positif. L’infectiosité de ces matériaux sera ensuite évaluée dans un modèle cellulaire in vitro de macrophages de poule. La voie d’entrée du virus dans les macrophages sera ensuite caractérisée. La caractérisation de l’infectiosité in vivo des cornéocytes produits in vitro dans le modèle de peau 3D comparée à celle des poussières d’élevage; (ii) Un protocole d’infection de macrophages de poule à partir de matériel inerte infecté par MDV (poussières et/ou cornéocytes générés in vitro) ainsi que la caractérisation des modalités d’infection.
– Baaten, B. J.; Staines, K. A.; Smith, L. P.; Skinner, H.; Davison, T. F.; Butter, C., Early replication in pulmonary B cells after infection with Marek’s disease herpesvirus by the respiratory route. Viral Immunol 2009, 22, 431-44.
– Souci, L.; Chollot, M.; Courvoisier-Guyader, K.; Lachner, J.; Kervarrec, T.; Pichon, J.; Burlaud-Gaillard, J.; Larcher, T.; Pasdeloup, D.; Eckhart, L.; Denesvre, C., Marek’s disease virus replication in chicken skin reconstructed in vitro: evidence for viral particles in corneocytes. J Gen Virol 2025, 106, (7).
La thèse se déroulera dans l’équipe BIOVA, biologie des virus aviaires, dans l’UMR INRAe/Université de Tours sur le site du centre INRAE Val de Loire à Nouzilly. La thèse sera encadrée par Caroline Denesvre. L’étudiant(e) sera également aidé(e) par le personnel technique de l’équipe impliqué dans le projet, et aura l’occasion d’interagir avec deux autres équipes impliquées dans le projet. La formation et l’avancement des recherches seront suivis par un CSI dont la composition sera définie durant la première année.
Les conditions matérielles sont assurées: Financement de l’Institut Carnot F2E ; Tout le matériel scientifique nécessaire à la réalisation du projet est disponible sur site ; Accès à la Plateforme d’infectiologie expérimentale (PFIE).
Les travaux de thèse seront valorisés via la publication d’un ou deux articles scientifiques.
Ce projet s’inscrit dans un partenariat avec l’unité INRAE/ENVT IHAP de Toulouse et l’unité PFIE de Tours. Il fera aussi appel à plateforme d’imagerie IMI de ISP et à la plateforme des microscopies de l’Université de Tours en tant que prestataires.
Profil et compétences recherchées –
Le(a) candidat(e) devra avoir obtenu son diplôme de Master2 le jour du recrutement. Une expérience de biologie cellulaire (culture de cellules) sera appréciée ainsi qu’en imagerie (microscopie à fluorescence et/ou cytométrie en flux). Une aisance avec les outils informatiques et de bonnes capacités rédactionnelles seront également appréciées. Le projet nécessitant une participation à des travaux sur poule et à partir de matériel animal, le(a) candidat(e) ne devra pas avoir de réticences à ce type d’expériences. Le(a) candidat(e) devra être rigoureux-se, organisé(e), avec un bon relationnel lui permettant de travailler en équipe.
Dernière mise à jour le 26 mars 202




